Le fils adoptif
de Aktan Abdykalykov
1998


Fiche technique        
         
Réalisation       Aktan Abdykalykov
Scénario       Aktan Abdykalykov, Avtandil Adykoulov, Marat Saroulou
Image       Khassan Kydyraliev
Conseiller artistique :       Emil Tilekov
Musique       Nourlan Nyshanov
Montage       Tilek Mabetova
Production       Noé Productions (France) / Kyrgyzfilm
Distribution France       Cara M
sortie France : 10 février 1999
Durée       1h21 / N&B et couleurs
         
         
Interprétation       Mirlan Abdykalykov dans le rôle principal - Azate - et avec Albina Imasheva, Adyr Abylkassimov, Bakyt Djylkytchiev, Mirlan Tchynkodjoiev.


Synopsis       Dans son petit village de montagne Kirghize, Azate grandit, insouciant. Il passe ses journées à jouer avec les autres enfants du village, à se rouler dans la boue avant de déloger les abeilles de la ruche, puis à courir en riant avant de plonger dans la marre et compter les piqûres …
Tandis que ses parents s'affairent à surveiller les troupeaux, traire les vaches, tamiser le blé, lui ne rêve qu'au regard profond d'Aïnoura et aux promesses de son sourire. La vie du village est rythmée par le travail – et les séances de cinéma ambulant en plein air. Dans la pénombre, Azate se faufile près d'Aïnoura, captivée par la grâce de la danseuse indienne qui danse sur le mur…
Azate s'achemine paisiblement vers l'adolescence, jusqu'au jour où sa vis va basculer. Son ami Tekine, vexé par une bagarre perdue et jaloux de sa complicité avec Aïnoura, lui lance comme un injure Beskempir !
 
         
        Avant propos : L'adoption est une tradition ancestrale au Kirghizstan. Au cours d'une cérémonie rituelle, un bébé issu d'une famille nombreuse est "offert" par ses parents d'origine à un couple stérile. Cinq vieilles femmes, assises côte à côte, préparent délicatement un berceau. Un mère leur tend le bébé, nu. Les cinq vieilles femmes se passent le bébé de l'une à l'autre, sous leurs genoux. Elles prient pour qu'il soit protégé du mauvais œil et qu'il parvienne à faire le bonheur de ses futurs parents.
Selon la tradition, elles nommeront l'enfant "Beskempir" qui signifie : cinq vieilles.



A propos       " C'est dans ma propre biographie que j'ai puisé l'histoire... "
Mon expérience personnelle des souffrances endurées a toujours servi de source à mon activité artistique. Le film Le fils adoptif n'échappant pas à la règle, c'est dans ma propre biographie que j'ai puisé l'histoire.
C'est un film-confession dans la mesure où l'âme conserve avec acuité les sensations de l'enfance. Le temps est fugitif et ce n'est qu'en se retournant que l'on prend conscience de ses gestes, de ses actes, de ses émotions.
C'est comme si je revivais ma vie sur l'écran.
Mon fils est une partie de moi-même, la partie que je ressens le mieux.
Le savoir - on peut parler d'unité génétique, d'infrangible lien - me permet à travers lui, l'interprète du rôle principal, de plonger au plus profond de l'âme pour en rendre ses mouvements.
Lorsque j'étais enfant, j'avais une balle de caoutchouc dont les deux hémisphères, l'un rouge, l'autre bleu, étaient séparés par une ligne de couleur jaune. Un jour où elle avait roulé sous mon lit, je me suis blessé au cou en essayant de l'attraper. La coupure s'est transformée en plaie ouverte et m'a causé une douleur ineffaçable. Toute cette histoire, oubliée depuis longtemps, est une action en noir et blanc. Mais la balle, cet objet qui m'a tant fait souffrir, est restée en couleur dans ma mémoire. C'est suivant le principe de cette sensation qu'est construite la dramaturgie de la couleur.
Le film lui-même est construit suivant le principe de la couverture en patchwork. Chaque morceau d'étoffe est un souvenir d'une personne décédée (chez les kirghizes, lorsqu'une personne meurt, les morceaux du patchwork sont distribués). La couverture en patchwork représente la mémoire, la mémoire généalogique.
Ce film tente de tisser des souvenirs d'enfance imagés comme le sentiment même de la réalité de l'esprit.

Aktan Abdykalykov
Bichkek, le 16 décembre 1998

         


Photos de tournage        
commentaires de Guy Fillion
       
Aktan Abdykalykov en gros plan : La solitude et les doutes du metteur en scène au moment du tournage.
     
        D.R.
Les vieilles femmes en noir et blanc : On sait qu'Aktan Abdykalykov a tourné de nombreuses scènes en couleur et qu'elles sont en noir et blanc dans le film, pour des raisons de rythme entre autres. Peut-être cette photo traduit-elle cette démarche ?
     
        D.R.
Les cinq vieilles femmes, la mère, le berceau : La préparation d'un plan de la mère avec le berceau : les cinq vieilles femmes sont en place, la caméra aussi (posée par terre, pas de rails de travelling). Abdykalykov explique ses gestes à la mère qui va prendre place au centre.
     
        D.R.
Les cinq femmes en plongée de dos : La trace d'un travelling (les rails en haut).
     
        D.R.
La caméra, le réflecteur, les gamins dans la boue : Un tournage qui ne semble pas avoir disposé d'un gros budget.
     
        D.R.
Le gamin dans l'eau boueuse : Un jeune acteur un peu insécurisé sur un tournage.
     
        D.R.
Les enfants et l'équipe : Une équipe technique discrète dans un coin, les acteurs ont presque l'air en liberté.
     
        D.R.
Les deux enfants au bord de la mare : Sur un tournage avec des enfants qui jouent, où s'arrête le jeu ?
     
        D.R.
Aktan verse de la boue sur Mirlan : Préparation psychologique à l'immersion dans la boue ou maquillage grossier ?
     
        D.R.
Le metteur en scène dans le cadre de la vitre : Dans le film les relations père/fils passent souvent par un cadrage particulier sur un miroir, une vitre. Ici le père metteur en scène prépare un de ces plans avec son fils/acteur.
     
        D.R.
Le père et le fils près du pied de la caméra : Même regard, même sourire...même coiffure traditionnelle.
     
        D.R.
La caméra, Aktan, les enfants, la maison : Une pose qui résume le film : la technique, l'auteur, le héros, les enfants et la maison.
     
        D.R.
Mirlan devant le mur : La concentration du jeune comédien.
     
        D.R.
La femme aux sangsues : La préparation d'un plan c'est aussi un dialogue.
     
        D.R.


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        D.R.


Compléments      
Ces ressources pédagogiques sont tirées du DVD Rom Panoramique sur le Fils adoptif édité en parenariat par Premiers Plans - Lycéens au cinéma, le Conseil régional de Franche-Comté et l'Association Cinéligue Nord-Pas de Calais.  
        Le pays et la culture kirghize

        L'art de vivre en autarcie
        Contexte historique
        Singularités
        La vision du monde à travers le cinéma kirghiz
         
        L'oeuvre et l'auteur

        Scénario
        Dialogues
        Storyboard
        De l'écriture à l'image
        Filmographie de l'auteur
        Entretien avec Mirlan Abdykalykov
         
        Regards sur le film

        Analyse de séquence
        Ateliers
Ces ateliers ont été conçus pour être réalisés à partir du DVD Rom Panoramique sur Le Fils adoptif. Cependant, certaines consignes de ces ateliers peuvent être données aux élèves avant la projection afin de guider leur regard et faciliter ainsi des échanges en classe.

        Critiques
            "Je me sens plus peintre que metteur en scène" par Jean-Michel Frodon - Le Monde du 22.01.02.
            "Le Singe" : juste avant de partir à l'armée par Thomas Sotinel - Le Monde du 16.05.01.
            Le monde enfantin extraits de l'article de Natalia Sirivlia publié dans Iskusstvo Kino, de mai 2002, traduit du Russe par Eugénie Zvonkine.
         


Liens        
         
CRAC de Valence       Le CRAC propose sur son site Internet des documents et dossiers de films des dispositifs nationaux d'éducation à l'image. A consulter une fiche complète comprenant : Synopsis, Générique, Rôles, Mise en scène, Pistes de travail, Autour du film, Outils, A consulter ...
         
Cinéma Le France
Connexion
      Le cinéma Le France à Saint Etienne, propose de nombreuses fiches films, notamment des films des dispositifs d'éducation à l'image.
Voici un lien vers la fiche PDF du Fils adoptif.
         
www.artelio.org       Point de vue sur Artelio, un article de Corinne Cherifi - enseignante, inscrite à Lycéens au cinéma en Pays de la Loire.
         
         
         
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